Quel moyen de transport choisir pour voyager durablement en Europe ?
Voyager de façon plus responsable implique aussi de bien choisir son moyen de transport. S’il n’existe pas de solution idéale et universelle, certains modes de déplacement ont un impact environnemental bien plus faible que d’autres. Distance à parcourir, destination, budget ou encore praticité : plusieurs critères peuvent orienter votre choix. Découvrez les avantages et les points de vigilance de chaque mode de transport pour préparer un voyage plus durable en Europe.
Quel est le meilleur moyen de transport pour voyager de façon responsable ?
Il n’existe pas de réponse unique à cette question. Le moyen de transport le plus responsable dépend avant tout de votre destination, de la distance à parcourir, du nombre de voyageurs, de la durée du séjour ou encore des infrastructures disponibles. De manière générale, le train est le mode de transport à privilégier lorsqu’il vous permet de rejoindre votre destination. Pour les trajets plus courts, le vélo ou les transports en commun sont d’excellentes options. À l’inverse, l’avion demeure le mode de transport le plus émetteur de gaz à effet de serre par passager. Néanmoins, certaines liaisons ne peuvent être effectuées qu’en avion, notamment pour rejoindre un autre continent ou une région peu desservie.
Le choix du transport ne se limite toutefois pas à une comparaison des émissions de CO₂. Un voyage en voiture peut par exemple être plus pertinent si plusieurs personnes partagent le trajet, tandis qu’un ferry peut constituer une alternative intéressante lorsqu’il remplace un vol. La possibilité d’emporter son vélo, la facilité d’accès au centre-ville, la durée réelle du trajet ou encore les correspondances sont également des éléments à prendre en compte.
Enfin, voyager de façon plus responsable ne signifie pas rechercher la perfection. Choisir un mode de transport adapté, limiter les déplacements inutiles, privilégier les trajets directs lorsque c’est possible ou prolonger son séjour pour éviter de multiplier les voyages sont autant de gestes qui contribuent à réduire l’impact environnemental de vos déplacements. L’essentiel est de faire un choix éclairé, en tenant compte de votre situation et des alternatives qui s’offrent à vous.
L’avion
Lorsque l’avion est la seule option réaliste, quelques réflexes permettent de limiter son impact environnemental. Avant de réserver, renseignez-vous sur les engagements de la compagnie en matière de réduction des émissions à effet de serre. Certaines investissent dans le renouvellement de leur flotte avec des appareils plus économes en carburant. D’autres développent l’utilisation de carburants d’aviation durables. Ou encore elles essaient de réduire leur consommation de carburant lors des opérations au sol et en vol. Ces initiatives ne remplacent pas une réduction des vols, mais elles participent à une meilleure prise de conscience.
Faut-il compenser son empreinte carbone en achetant un billet d’avion ?
Les principales compagnies aériennes proposent des dispositifs de contribution financière à des projets environnementaux. Ces programmes peuvent soutenir des initiatives de reforestation, de préservation des écosystèmes ou de développement des énergies renouvelables. Ils ne compensent toutefois pas intégralement les émissions générées par le vol. Ne les considérez pas comme une solution miracle.
En 2023, le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC) a déposé une plainte contre plusieurs compagnies aériennes, estimant que certaines affirmations liées aux vols « neutres en carbone », « compensés » ou « durables » relevaient du greenwashing. Selon le BEUC, les dispositifs de compensation carbone ne garantissent pas l’annulation ou la neutralisation des émissions d’un vol. Les projets financés peuvent avoir des effets positifs pour l’environnement. Mais leur impact réel varie selon les situations et reste parfois difficile à évaluer.
Le BEUC souligne également que les carburants d’aviation durables, souvent mis en avant dans les offres commerciales, ne représentent aujourd’hui qu’une faible part du carburant utilisé par le secteur aérien. Ils ne permettent pas de rendre un vol neutre en carbone. Les autorités européennes de protection des consommateurs ont d’ailleurs ouvert des enquêtes sur certaines allégations environnementales du secteur aérien afin de vérifier qu’elles reposent sur des éléments scientifiquement démontrables. Il en ressort un engagement de la part de 21 compagnies aériennes européennes.
Il faut donc percevoir la compensation carbone comme un soutien éventuel à des projets environnementaux. Ce n’est pas un moyen d’effacer l’empreinte climatique de son déplacement.
Le train
Le train reste le mode de transport le plus écologique pour se déplacer en Europe. L’offre ferroviaire internationale s’est considérablement développée avec l’ouverture de nouvelles lignes et l’arrivée de nouveaux opérateurs. Il est désormais possible de relier de nombreuses capitales européennes en combinant des trains nationaux et internationaux.
Des programmes pour découvrir l’Europe en train
Le Pass Interrail permet de relier les grandes capitales avec une flexibilité totale, en donnant accès à des réseaux ferroviaires dans une trentaine de pays. C’est une solution particulièrement appréciée des voyageurs qui souhaitent découvrir plusieurs destinations sans multiplier les réservations. Les Européens de 18 ans peuvent également découvrir l’Europe en train via le programme DiscoverEU.
Voyager et dormir ?
Les trains de nuit ont également fait leur grand retour. Rejoindre Vienne depuis Bruxelles, Berlin depuis Paris ou encore Stockholm depuis Hambourg… Vous parcourez de longues distances tout en limitant votre empreinte carbone et en économisant une nuit d’hébergement.
Un mode de transport pratique… mais avec certaines limites
Le train présente aussi d’autres avantages souvent négligés :
- Les gares sont généralement situées en centre-ville.
- Les formalités d’embarquement sont plus rapides que dans les aéroports
- Les restrictions concernant les bagages sont souvent moins contraignantes.
Pour les trajets de moyenne distance, le temps de parcours global peut ainsi être comparable à celui de l’avion lorsque l’on tient compte des temps d’accès aux aéroports, des contrôles de sécurité et des temps d’attente.
L’organisation d’un voyage ferroviaire à travers plusieurs pays peut parfois nécessiter de combiner plusieurs opérateurs. La Commission européenne travaille d’ailleurs à simplifier davantage la réservation des voyages internationaux. Elle veut renforcer les droits des voyageurs grâce au principe « un voyage, un billet ».
Conseils :
- Pour bénéficier des meilleurs tarifs, réservez plusieurs semaines en avance, sur les lignes internationales et les trains de nuit.
- N’hésitez pas à comparer les offres proposées par les différentes compagnies ferroviaires ou par des plateformes spécialisées. Vous optimisez ainsi votre itinéraire et votre budget.
Comme pour tout moyen de transport, les voyageurs disposent de droits en cas de retard, d’annulation ou de correspondance manquée. Les règles européennes prévoient notamment des mécanismes d’assistance et d’indemnisation dans certaines situations. Pour connaître ses droits et les démarches à entreprendre, consultez notre outil interactif gratuit.
Le vélo
Pour les plus aventureux, le voyage à vélo séduit de plus en plus de voyageurs. L’Europe dispose d’un vaste réseau d’itinéraires cyclables transnationaux. Parmi eux, le réseau EuroVelo relie villes, campagnes, fleuves et littoraux à travers des dizaines de pays. Développé à l’échelle européenne, EuroVelo regroupe plusieurs grands itinéraires totalisant des dizaines de milliers de kilomètres. L’un des principaux atouts du site EuroVelo est de fournir de nombreuses informations pratiques pour préparer son voyage. Vous pouvez y trouver :
- Des cartes détaillées
- Les niveaux de difficulté
- Un état des itinéraires
- Des suggestions d’étapes
- Les points d’intérêt touristiques et culturels
- Des conseils sur les services disponibles le long du parcours.
Cette forme de voyage demande néanmoins une certaine préparation. Il est important de vérifier l’état de son matériel, de prévoir des équipements obligatoires dans le pays visité (casque, lumières…). Vous devez bien anticiper les distances quotidiennes.
Enfin, le vélo peut aussi se combiner facilement avec d’autres modes de transport, notamment le train. De nombreuses compagnies ferroviaires européennes acceptent aujourd’hui les vélos à bord. Renseignez-vous auprès de chaque transporteur sur les conditions de transport des vélos.
Le covoiturage
Et si vous partagiez la route des vacances ? Le covoiturage est une alternative courante pour relier de nombreuses villes européennes. Il permet de mutualiser les frais de déplacement, et de réduire le nombre de véhicules sur la route. Dans certains cas, le covoiturage rend accessible des destinations moins bien desservies par les transports en commun. De nombreuses plateformes facilitent aujourd’hui la mise en relation entre conducteurs et passagers, ce qui en fait une option flexible pour les trajets longue distance.
Le bus
Dans la même logique de mobilité partagée, les lignes de bus longue distance constituent également une solution intéressante pour voyager à travers l’Europe. Elles desservent un grand nombre de villes à des tarifs souvent attractifs. Et elles offrent une alternative à l’avion ou à la voiture individuelle. Certaines lignes permettent même de voyager de nuit, optimisant ainsi le temps de trajet.
Les voyageurs en bus disposent également de droits en Europe. En cas de retard important ou d’annulation, des règles encadrent l’information des passagers, l’assistance qui doit leur être fournie et, dans certains cas, les conditions de remboursement ou de réacheminement.
Le bateau
Le tourisme fluvial constitue une alternative originale et douce pour découvrir l’Europe autrement. Une croisière sur le Rhin par exemple, permet de traverser plusieurs pays en suivant le cours du fleuve. En France, le réseau des voies navigables est particulièrement développé. Le pays compte environ 8500km de canaux et rivières, ce qui en fait l’un des plus denses d’Europe. Ce type de voyage offre une expérience à un rythme apaisé.
Le ferry constitue également une option intéressante pour rejoindre certaines îles ou traverser des bras de mer. Lorsqu’une destination est accessible à la fois par avion et par bateau, le ferry peut représenter une alternative plus longue. Mais souvent, il émet moins de CO₂. Il permet aussi de voyager avec davantage de liberté en termes de bagages. Dans certains cas, vous pouvez transporter votre véhicule ou votre vélo sur le ferry, pour vous déplacer ensuite sur place. Comme pour les autres modes de transport, les passagers du transport maritime disposent de droits en cas de retard important ou d’annulation.
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